Photo Marta-SMarta Subirà, Secretaria de Medio Ambiente y Sostenibilidad de la Generalitat de Catalunya. Entretien de Septembre 2017

Le 1er Août a été approuvé au Parlement de la Catalogne la Loi sur le changement Climatique, qui adopte les bases du droit communautaire et configure les éléments essentiels pour la régulation de cet instrument en Catalogne.

Depuis l'Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique, nous voudrions, tout d'abord, vous féliciter pur cette loi, fruit de nombreuses années de travail, et nous voudrions vous poser quelques questions.
La catalogne a une grande extension de son territoire en zones de montagne dans les Pyrénées, où les effets du changement climatique sont encore plus visibles que dans d'autres zones non montagneuses. Dans les Pyrénées parmi beaucoup d'autres trésors naturels il y a des écosystèmes sensibles, des espèces de la flore et de faune endémiques, des réserves de la biosphère, et des réserves hydriques importantes. Au même temps les Pyrénées abritent une population considérable et des économies vulnérables au changement climatique. Comment pensez-vous que l'approbation de cette loi sur les changements climatiques peut affecter les territoires montagneux?

Le préambule de la loi souligne plus particulièrement la participation de la Catalogne à l'Observatoire pyrénéen du changement climatique. La raison est bien simple : les Pyrénées constituent l'un des territoires les plus vulnérables au changement climatique. C'est ce qui ressort du Troisième rapport sur le changement climatique en Catalogne et la Stratégie catalane d'adaptation au changement climatique (ESCACC). La loi établit les mesures visant l'atténuation du changement climatique et son adaptation. Par conséquent, elle marque les étapes à suivre pour faire en sorte que les territoires les plus vulnérables et les secteurs socioéconomiques concernés soient davantage résilients. Un chapitre de la loi fixe la manière dont les diverses politiques sectorielles doivent intégrer l'adaptation dans la planification et la programmation, dans des domaines comme l'agriculture et l'élevage, la gestion de l'eau, la biodiversité, les forêts et la gestion forestière, l'énergie et le tourisme, activités développées dans le massif. Elle établit également le point déterminant suivant : la création du Fonds climatique, qui sera financé au moyen de l'établissement de nouveaux impôts par la loi, permettra la mise en œuvre d'actions, de mesures et de politiques climatiques sur le territoire. Autrement dit : nous avons des objectifs, nous possédons du savoir et nous disposons d'argent pour appliquer la loi dans toute la Catalogne.

L'OPCC collabore avec plusieurs organisations en Catalogne dans le but de capitaliser les connaissances de tous les territoires membres de la Communauté de Travail des Pyrénées. En particulier, la coopération avec l'Office Catalan pour le Changement Climatique et avec le Service Météorologique de Catalogne est très précieuse. Quel rôle ces organisations ont-elles joué et joueront-elles dans le cadre de la nouvelle loi?

L'OCCC est ressortie consolidée en tant qu'unité de référence au sein des politiques climatiques grâce à l'énorme travail effectué depuis 2006. Cette consolidation entraîne de nouvelles responsabilités et de nouvelles tâches, telles que l'élaboration de l'inventaire d'émissions atmosphériques et de puits de CO2 de Catalogne. En ce qui concerne le SMC, l'article 12 reconnaît le travail effectué durant des décennies par cet organisme et lui demande d'élaborer et de réviser les projections climatiques de Catalogne.

Dans la lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ses impacts, les régions jouent un rôle de plus en plus important. L'Accord de Paris reconnaît dans son texte final ce rôle des parties non signataires, c'est-à-dire des régions, des villes et d'autres acteurs non étatiques. Outre la participation active à l'Observatoire Pyrénéen, la Catalogne est-elle active dans d'autres réseaux internationaux?

Actuellement, la Catalogne copréside, à travers l'Europe, l'Alliance des États et des Régions du Groupe Climat, qui promeut la voix collective d'États et de régions du monde entier qui soutient la prise de mesures plus ambitieuses en matière de lutte contre le changement climatique aux échelons national et international. La Catalogne fait aussi partie de l'Under2Coalition, un accord de collaboration en matière de leadership mondial qui regroupe plus de 135 gouvernements pour obtenir une réduction de la hausse des températures inférieure à 2 degrés et zéro émissions pour 2050. De même, la Catalogne a promu l'initiative RegionsAdapt, qui dirige le Réseau de gouvernements régionaux pour le développement durable – nrg4SD, un engagement global pour soutenir et informer des efforts déployés en matière d'adaptation au plan régional.

L'un des aspects les plus controversés concernant les stratégies d'adaptation au changement climatique est les méthodologies de suivi pour son évaluation successive. La Catalogne a déjà rendu public le premier rapport de suivi et d'évaluation de la Stratégie Catalane d'Adaptation au Changement Climatique. Sur la base de l'expérience de la Catalogne, quel conseil donneriez-vous aux territoires sous-nationaux pour faciliter le processus de suivi et l'évaluation de leurs propres stratégies?

Il est toujours difficile de conseiller, d'autant plus en matière d'adaptation aux impacts du changement climatique, étant donné que l'adaptation possède un élément local prononcé. Maintenant, compte tenu de notre expérience et malgré l'absence d'une métrique homologuée – contrairement à l'atténuation – il convient de faire des efforts pour pouvoir quantifier le progrès des mesures d'adaptation et effectuer une analyse qualitative de l'efficacité de ces mesures tout en recherchant les difficultés et/ou les déficiences au niveau de l'application de ces mesures. Néanmoins, une question essentielle est évidente : l'adaptation aux impacts du changement climatique constitue une excellente opportunité pour réaliser de manière positive ce qu'il convient de faire et qui, pour quelques raisons que ce soit, n'a pas pu être réalisé ou n'a pas été démarré de manière suffisamment intense et ferme.

Les Pyrénées sont une biorégion qui ne connaît pas de frontières, mais par contre chaque territoire a ses propres plans, ou lois liées au changement climatique. Pensez-vous donc que, grâce à la coopération transfrontalière, à l'avenir on pourrait imaginer une Stratégie Pyrénéenne d'Adaptation au Changement Climatique?

Il ne suffit pas de l'imaginer mais c'est quelque chose de nécessaire : les Pyrénées constituent non seulement un espace d'une grande biodiversité, mais sont également l'usine à eau et un territoire où les gens doivent vivre, à gérer, ou gagner sa vie et éviter le dépeuplement. Il convient d'offrir à ce territoire la chance mentionnée auparavant : une nouvelle agriculture, une nouvelle forme de produire et de gérer l'énergie, un tourisme reconnaissant la singularité de la cordillère, un élevage qui mise sur la gestion de l'espace forestier, etc.

L'un des rôles de l'OPCC est la génération de connaissances scientifiques et sa postérieur diffusion pour aider à mettre en œuvre des mesures d'adaptation pour limiter les impacts du changement climatique, voire, dans certains cas, en tirer parti. Quelles expériences avez-vous en Catalogne concernant l'interaction avec des secteurs spécifiques qui pourraient être répliques dans le reste des territoires des Pyrénées ?

Notre participation au sein de divers projets Life, tels que Life MEDACC, dont nous sommes les coordinateurs, ou le Life EBRO ADMICLIM ou le Life CLINOMICS, où nous sommes des partenaires bénéficiaires, nous permet d'établir des dynamiques de travail avec une grande diversité d'acteurs du territoire : des agriculteurs, des éleveurs, des propriétaires forestiers, des entreprises touristiques, des administrations locales, des ONG, des communautés d'irrigants, etc. Il est indispensable d'ouvrir des espaces de débat et de transfert d'informations afin que les mesures à entreprendre soient les plus consensuelles possibles et accompagnées de garanties de succès.

En bref, comment imaginez-vous l'avenir de l'OPCC?

J'imagine un Observatoire possédant une personnalité juridique propre, capable de disposer, de maintenir et d'exploiter un vaste réseau de surveillance en collaboration avec les centres de recherche, d'élaborer des diagnostics sectoriels, ainsi que d'établir et de promouvoir les mesures d'action climatique nécessaires avec l'implication des acteurs des Pyrénées. Nous serons une référence pour les autres cordillères du monde, nous en sommes certains.
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