L’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC) a mis en valeur le rôle des solutions fondées sur la nature comme outil clé pour renforcer la résilience des Pyrénées face au changement climatique et, en même temps, stimuler l’économie locale et favoriser le maintien de la population dans les territoires de montagne. Il l’a fait dans le cadre du LIFE Platform Meeting on Climate Strategic Integrated Projects, la rencontre européenne qui réunit les responsables de 24 projets intégrés et stratégiques du programme LIFE afin de partager les avancées en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, et à laquelle participe le projet LIFE Pyrenees4Clima. L’événement s’est tenu à Bilbao du 21 au 23 avril.
Au cours de la troisième journée, Juan Terrádez, technicien de l’OPCC et gestionnaire du projet PYRENEES4CLIMA, a souligné que les solutions fondées sur la nature permettent une application systémique et circulaire, facilitant l’implication de tous les acteurs du territoire dans la réponse face au changement climatique. À ce titre, il a défendu l’idée qu’« un Pyrénées résilient face au changement climatique doit se construire grâce à la coopération transfrontalière, à la mise en place d’infrastructures vertes et au soutien de l’économie locale », en donnant la priorité à ce type d’actions.
Terrádez a également insisté sur l’importance d’une gouvernance participative garantissant l’implication et l’appropriation locale des actions menées. Comme exemple, il a cité la Vall de Boí, où des établissements scolaires et des personnes âgées du territoire collaborent à la création de pépinières forestières de plantes autochtones afin de cultiver le matériel végétal ensuite utilisé dans leurs propres solutions fondées sur la nature, renforçant ainsi le lien entre communauté, territoire et adaptation climatique.
Dans son intervention, il a aussi présenté plusieurs exemples concrets développés dans le cadre de Pyrenees4Clima, comme la restauration de sols dégradés avec des semences locales, la gestion conservatrice et régénérative des sols et des ressources hydriques dans les zones irriguées, ou encore l’agrosylvopastoralisme pour maintenir un paysage en mosaïque, réduire le risque d’incendies et protéger les ressources en eau. Toutes ces solutions visent à renforcer la fonctionnalité des écosystèmes naturels et à mettre en avant leur rôle protecteur pour les activités de montagne.
Il a également mis l’accent sur l’efficacité économique de ces mesures et sur leur capacité à générer des bénéfices à long terme. À cet égard, il a souligné que, même si les coûts initiaux peuvent être perçus comme un frein, les solutions fondées sur la nature ont démontré leur forte rentabilité si l’on prend en compte les économies d’entretien, la réduction des risques et des coûts de gestion des urgences, ainsi que leur contribution à l’économie de montagne grâce à l’utilisation de ressources et de matériaux de proximité. Comme exemple, il a mentionné l’utilisation de clôtures virtuelles par GPS dans le massif de l’Albera, un outil contribuant à réduire le risque d’incendies forestiers, en assurant un pâturage adapté, tout en soutenant l’activité et la qualité de vie des petites et moyennes exploitations d’élevage locales.
Il a aussi mis en avant le rôle protecteur des forêts face aux avalanches et à d’autres risques naturels, et a insisté sur la nécessité d’intégrer l’adaptation au changement climatique en mettant l’accent sur la gestion du territoire, selon une perspective générant des bénéfices environnementaux, sociaux et économiques.
La participation de l’OPCC à ce forum européen a également compté sur la présence de sa coordinatrice, Eva García-Balaguer, lors d’un rendez-vous qui a permis de partager des expériences avec les principaux responsables des projets LIFE intégrés et stratégiques en action climatique actuellement développés en Europe, ainsi qu’avec les responsables européens de la gestion de ces fonds au sein de la CINEA.
Dans ce contexte, l’OPCC a présenté, sur un stand et devant les participants à l’événement, la portée et l’orientation du LIFE Pyrenees4Clima, puisqu’il s’agit du seul projet transfrontalier d’adaptation au changement climatique dans une zone de montagne en Europe. À ce titre, sa participation à différents ateliers a mis en évidence la gouvernance innovante en matière d’action climatique menée depuis les Pyrénées, l’importante dynamique d’apprentissage et de formation mise en œuvre, ainsi que la capacité de mobilisation de financements grâce à la création de nouveaux projets complémentaires liés aux fonds INTERREG-POCTEFA. Aux côtés de l’Office Catalan du Changement Climatique et de la région Nouvelle-Aquitaine, l’observatoire représente le travail des 46 entités partenaires qui déploient 33 projets pilotes sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne afin de mettre en œuvre sur le terrain la Stratégie Pyrénéenne sur le Changement Climatique (EPiCC).
À travers ces expériences pilotes, Pyrenees4Clima œuvre pour améliorer la résilience des écosystèmes, réduire la vulnérabilité du territoire et des populations, et promouvoir des modèles d’adaptation qui, en plus de répondre aux impacts du changement climatique, créent des opportunités pour les communautés locales.
La participation à cette rencontre renforce l’engagement de l’OPCC en faveur de la coopération transfrontalière et du développement de solutions innovantes permettant d’avancer vers des Pyrénées plus résilientes, habitables et préparées face aux impacts de plus en plus évidents du changement climatique. Elle constitue également un exemple pour d’autres régions de montagne et transfrontalières européennes, agissant comme un laboratoire vivant mobilisé face au changement climatique, dans la perspective de créer une grande communauté montagnarde transfrontalière et résiliente.
OBSERVATOIRE PYRÉNÉEN DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
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