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Un nouveau projet transfrontalier encourage le pastoralisme environnemental dans les Pyrénées afin de prévenir les incendies et de mieux adapter cette activité aux effets du changement climatique

Un nouveau projet transfrontalier encourage le pastoralisme environnemental dans les Pyrénées afin de prévenir les incendies et de mieux adapter cette activité aux effets du changement climatique

Pampelune, le 17 mars 2026 La coopération transfrontalière s’enrichit d’une nouvelle initiative pour répondre à l’un des grands défis de la montagne pyrénéenne : réduire le risque d’incendies de forêt, renforcer la capacité d’adaptation du territoire face au changement climatique et soutenir l’une des activités fondamentales pour la gestion du territoire ainsi que pour le maintien de la population et de l’activité économique en zone de montagne. Tel est le point de départ de PASTORALI, un projet lancé ce lundi à Pampelune, qui encouragera jusqu’en 2029 le déploiement du pastoralisme
environnemental pour la restauration des espaces ouverts de montagne, en combinant prévention, gestion des paysages et conservation.

Le projet s’est fixé cinq grands objectifs : approfondir la connaissance du comportement animal face aux nouveaux scénarios de changement afin d’adapter la gestion pastorale au défi climatique ; évaluer et intégrer de nouvelles technologies facilitant la gestion et améliorant la qualité de vie des éleveurs et éleveuses, comme le suivi GPS et les clôtures virtuelles ; proposer de nouvelles formes de financement et de soutien au pastoralisme
environnemental ; renforcer la formation professionnelle et l’acceptation sociale de ces pratiques. Enfin, le projet permettra de créer et de consolider un réseau transfrontalier de professionnels du pastoralisme environnemental afin de renforcer la coopération et les échanges pour parvenir à une adaptation meilleure et plus rapide au changement climatique.

Cofinanciado en el marco del programa INTERREG VI-A España-Francia-Andorra (POCTEFA 2021-2027), PASTORALI cuenta con un presupuesto total de 1.993.448,82 euros, con una cofinanciación del 65 % del Fondo Europeo de Desarrollo Regional (FEDER), y se desarrollará entre el 1 de febrero de 2026 y el 31 de enero de 2029.

PASTORALI (dont le titre complet est : « aborder les questions non résolues autour du pastoralisme environnemental pour la prévention des incendies de forêt et d’autres catastrophes naturelles dans la montagne pyrénéenne ») part d’un diagnostic partagé à l’échelle de l’ensemble du massif pyrénéen. Selon ce diagnostic, l’abandon des pratiques traditionnelles et le changement climatique favorisent l’accumulation de biomasse
végétale. Il en résulte une vulnérabilité accrue des paysages de montagne et un risque de disparition de l’activité dans ces zones. Dans ce contexte, le pastoralisme extensif s’affirme comme un levier essentiel pour entretenir les espaces ouverts, réduire la biomasse inflammable et favoriser une gestion du territoire plus active et résiliente.

Lors du lancement du projet à Pampelune, Rosa Maria Canals, professeure à l’Université publique de Navarre et spécialiste en pastoralisme et restauration des écosystèmes, a souligné que « PASTORALI ambitionne de démontrer que le pastoralisme environnemental doit devenir un outil indispensable pour réduire le risque d’incendies, conserver les espaces ouverts de montagne et renforcer la résilience des Pyrénées face au changement climatique. Sa pratique doit être reconnue, modernisée et financée grâce aux multiples services qu’elle apporte à la société. »

PASTORALI se déploie dans un cadre de coopération entre l’Espagne, la France et l’Andorre et réunit huit entités partenaires. L’Université publique de Navarre (UPNA) agit en qualité de chef de file. Font également partie du partenariat Gestión Ambiental de Navarra – Nafarroako Ingurumen Kudeaketa (GAN-NIK), l’Instituto Pirenaico
de Ecología du Consejo Superior de Investigaciones Científicas (IPE-CSIC), l’Association des Chambres d’Agriculture des Pyrénées (ACAP), la Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques (CA64), le Consorcio de la Comunidad de Trabajo de los Pirineos (CTP), à travers l’Observatorio Pirenaico del Cambio Climático (OPCC), le Centre de la Propietat Forestal (CPF) et la Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Orientales (CDA66). Participent également en tant qu’entités associées Andorra Recerca i Innovació et ANA – Conservatoire d’espaces
naturels Ariège.

La réunion de lancement a également été l’occasion de présenter les principaux impacts attendus de projet. Parmi eux, on peut souligner la prévision d’atteindre 4 711 kilomètres carrés de surface couverte par des mesures de protection contre les incendies et de bénéficier à 614 623 personnes. Au-delà des chiffres, le projet entend impulser un changement d’échelle : passer d’initiatives locales isolées à une mise en œuvre structurée et concertée du pastoralisme environnemental à l’échelle de toute la chaîne des Pyrénées

ur cette dimension territoriale et stratégique, Eva García-Balaguer, coordinatrice de l’Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC), a mis en exergue que «PASTORALI illustre bien la valeur de la coopération transfrontalière lorsqu’elle est orientée vers des solutions concrètes. Le projet permet de réunir connaissance,
gestion et action sur le terrain afin d’avancer vers une réponse partagée face au risque d’incendies et aux impacts du changement climatique dans les Pyrénées, tout en soutenant l’essor et la reconnaissance d’une activité traditionnelle et importante pour le territoire pyrénéen. »

Pour y parvenir, PASTORALI combinera recherche appliquée, expérimentation sur le terrain, transfert de connaissances et travail sur la gouvernance à travers quatre grands axes de développement : scientifique, technique, économique et social. Parmi ses principales lignes d’action figurent l’analyse du comportement animal dans différentes conditions environnementales et de gestion pastorale, l’expérimentation et la validation
de technologies innovantes, le développement de nouveaux instruments pour le financement de ces pratiques et la création de réseaux sociaux de soutien.

L’initiative prévoit également des actions de formation et de transfert destinées aux éleveurs, au personnel technique et aux gestionnaires du territoire, ainsi que des activités de communication et de sensibilisation visant à renforcer la valorisation et l’acceptation sociale du pastoralisme environnemental. Parmi les productions prévues, il convient de souligner le guide transfrontalier du pastoralisme environnemental, comprenant des recommandations communes et des adaptations régionales.

PASTORALI prévoit aussi d’explorer des mécanismes de financement innovants, tels que les crédits environnementaux, afin de contribuer à la viabilité économique du modèle et de faciliter sa consolidation à moyen et long terme. À cela s’ajoute la création d’un réseau transfrontalier de professionnels du pastoralisme environnemental, conçu comme base d’une stratégie partagée à l’échelle pyrénéenne.

Aligné sur la Stratégie pyrénéenne sur le changement climatique (EPiCC) et complémentaire d’autres initiatives menées sur le territoire, comme Life PYRENEES4CLIMA, le projet ambitionne de contribuer à une Europe plus résiliente en promouvant des paysages de montagne plus sûrs et plus diversifiés pour l’avenir. Dans
un contexte d’exposition croissante aux risques climatiques, PASTORALI place le pastoralisme environnemental au cœur d’une réponse qui relie les acteurs des Pyrénées en matière de prévention, d’adaptation et de gestion durable du territoire.

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